Manche du championnat européen de tir aux armes préhistoriques: 8 - 9 Octobre 2016


Présentation de l'évènement

Le championnat est né au début des années 1990 des questions suscitées chez certains archéologues par la panoplie des chasseurs préhistoriques. Pointes en os ou en silex, crochets de propulseurs, arcs ou fragments d’arc et de projectiles, ornant les vitrines intriguent depuis longtemps. Pour valider leurs hypothèses, des préhistoriens ont reconstitué ces armes et les ont utilisées pour des expérimentations scientifiques.
Ces archéologues rejoints par d’autres amateurs ont créé un championnat sportif original au cours duquel les différents participants s’affrontent dans des compétitions amicales où la bonne humeur et la convivialité sont les ingrédients primordiaux.

Ces joutes, qui rassemblent plus de huit cents tireurs venus des quatre coins de l’Europe Occidentale, sont pour le public, l’occasion de se rendre compte de l’aspect, des performances et de l’efficacité des premières armes complexes mis au point par nos lointains ancêtres. De nombreuses manches ont lieu chaque année en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en France, en Italie et en Suisse. (CARTE DES LIEUX DE RENCONTRE)
Chaque rencontre comprend deux épreuves principales : le tir à l’arc et le tir au propulseur. Le matériel utilisé par chaque compétiteur doit être conforme aux normes définies par le règlement du championnat d’Europe de tir à l’arc et au propulseur préhistorique. C’est-à-dire qu’il doit être construit avec des matériaux disponibles pendant la préhistoire (donc pas de métaux ni de matériaux synthétiques).

Les techniques de fabrication mises en œuvre doivent être compatibles avec le potentiel technologique de la préhistoire (ceci n’exclut pas l’utilisation de machine moderne pour la fabrication du matériel, à condition qu’un résultat semblable puisse être obtenu par des techniques préhistoriques). Les formes et les dimensions des armes sont libres, mais il est fortement conseillé de se rapprocher des modèles archéologiques et/ou ethnographiques mises au point par nos lointains ancêtres.

Pour plus de réalisme, les cibles sont disposées le long d’un parcours en milieu naturel. En se déplaçant les participants rencontrent les diverses cibles placées à des distances variables. Les blasons arborent des silhouettes d’espèces animales présentes dans nos régions et chassées par les hommes du paléolithique supérieur comme l’antilope saïga (que l’on ne rencontre plus de nos jours qu’en Asie centrale) ou le renne et le lagopède. Chacune des épreuves du championnat est donc unique et les différents organisateurs rivalisent d’originalité pour créer des parcours variés. En fin d’année, un classement européen est établi sur base des trois meilleurs résultats de chaque participant pour chacune des épreuves (arc et propulseur). Mais que l’on ne s’y trompe pas, chaque manche du championnat d’Europe de tir à l’arc et au propulseur préhistorique est avant tout un rassemblement de personnes d’horizons très différents attirés par une passion commune et par la grande convivialité qui donnent à ces rencontres un charme particulier.

Les armes préhistoriques autorisées au championnat

Le propulseur est une arme de jet attestée en Europe depuis le Solutréen supérieur (+/- 19 000 BP) jusqu’au début du magdalénien supérieur (+/- 12 000 BP). Cette arme était encore utilisée il y a quelques décennies par les aborigènes australiens et les Inuits.
Il s’agit d’une planchette ou d’une baguette terminée par un dispositif d’appui sur lequel vient s’appuyer le talon du projectile (la sagaie). Le propulseur agit comme un prolongateur du bras du tireur et permet de lancer les sagaies avec une vitesse et une puissance plus importantes. La sagaie est un projectile formé d’une hampelongue et mince, munie ou non d’empennages et d’une pointe en os, en bois de cervidé ou en silex.

Les plus anciens arcs connus en Europe datent du paléolithique final (+/- 11000 BP) et sont en général d’une seule pièce. Pour nos compétitions ne sont admis que les arcs composés de matériaux naturels (bois, corne, tendons, fibres végétales) en une ou plusieurs pièces. Corde et flèches doivent également être réalisées à partir de matériaux naturels. Le championnat est donc autant une épreuve sportive que l’occasion pour beaucoup d’amateurs de se retrouver pour comparer le matériel, discuter de recettes et de tours de main.

Au-delà des épreuves liées au championnat, la Société Languedocienne de Préhistoire propose des visites guidées du site et de l’exposition « l’œil de l’archéologue » ainsi que des ateliers découvertes sur la taille du silex et notamment la fabrication de pointe de flèche.