L'Oeil de l'Archéologue

Exposition temporaire

L'exposition "l'oeil de l'archéologue" (voir la brochure) est présentée sur le site de Cambous depuis avril 2014, elle s'achèvera en 2016 pour laisser place à un nouveau projet.

Accessible lors de la visite du site.
Entrée gratuite pour tous pendant les Printemps de la Préhistoire et les Journées européennes du Patrimoine.

Quel est le but de l'exposition ?

Les objets issus de fouilles archéologiques sont une source de connaissances. Mais ce n'est pas seulement leur aspect et leur beauté qui intéressent d'abord l'archéologue. Une information précieuse est souvent donnée par un modeste détail. L'explication doit autant à un savoir technique et scientifique constamment requestionné, qu'à une subjectivité affirmée, passant par le regard.

Cette subjectivité est ici mise en scène, loin de toute érudition savante, invitant le visiteur à partager ce regard singulier. S'agissant du Néolithique, époque des premiers agriculteurs, l'étude des objets fabriqués par l'homme et les vestiges témoignant de son passage tiennent une place essentielle dans le travail de recherche.

Ce sont eux que le préhistorien analysent et questionnent pour tenter de comprendre les sociétés premières. Le village à longues maisons de pierres de Cambous, construit il y a environ 4500 ans par les gens de la culture de Fontbouisse, sert de décor à cette enquête. Au loin, la saillie du pic Saint-Loup, emblématique symbole d'un pays, offre au regard un repère géographique immuable.

De quoi s'agit-il ?

Neufs photos grand format de 1,80 m de large sur 3 m de haut rassemblées en groupes de trois, disposées face aux bâtiments de Cambous et offrent un contraste saisissant avec les ruines du village préhistorique. Elles invitent le visiteur à partager une enquête sur nos origines.

Trois thèmes sont évoqués : les ressources du milieu naturel (à gauche en entrant sur le site), les rites et les croyances (face aux visiteurs), les objets du quotidien (près de la maison reconstituée). De courtes explications aident à décrypter les objets photographiés.

Pourquoi les objets ?

Pour le préhistorien, l'étrangeté ou la beauté ne font pas l'intérêt principal des objets qu'il étudie. Un modeste détail, parfois invisible à l'œil nu, devient une source précieuse d'informations et de connaissances. Ainsi, l'observation d'un charbon de bois nous ramène à l'arbre, celle d'un débris de coquille minuscule, aux paysages disparus, aux forêts et aux prairies qui peuplaient notre région à la fin du Néolithique.

La flèche meurtrière plantée dans un os nous enseigne l'état d'une société dans laquelle la violence s’affirmait parfois. Des graines et des ossements d'animaux nous renseignent sur les pratiques économiques, l'agriculture, l'élevage, la cueillette. La variété des parures et des armatures en silex nous informe à leur tour sur les contacts qu'entretenaient entre elles les petites communautés paysannes.

Apprendre en déambulant

Si les maisons abandonnées il y a 5000 ans témoignent d'un temps révolu, les objets oubliés par nos ancêtres nous parlent d'un monde bien vivant. Il n'est nullement question d'exhaustivité, le but recherché est autre.

Images et textes rythment une promenade contemplative, de la cellule de l'arbre au tranchant d'une plaquette de silex, de la face d'une divinité à tête de chouette à la dent percée d'un renard, au cœur d'un paysage préservé, dans un lieu très ancien, où les hommes ont vécu et inventé le monde moderne. C'est ce voyage initiatique, dans les profondeurs de notre propre histoire, auquel nous convie l'exposition "l'œil de l'Archéologue".

Exposition proposée par la Société Languedocienne de Préhistoire, avec le soutien de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup.